lundi 25 juin 2012

Midwinter


La Midwinter souligne le milieu de l’hiver dans la zone antarctique et subantarctique. Elle permet de célébrer le jour le plus court, le 21 juin : lever du soleil à 11H40 et coucher à 13H42 donc 2h02 de soleil.
C’est l’occasion de faire un « break » pour toute la mission en organisant des jeux, des spectacles et des soirées diverses durant une semaine. Notre mid s’est clôturée samedi soir, une bonne journée pour récupérer et nous sommes de nouveau prêt pour reprendre nos activités, disons, plus traditionnelles.

La TA62 devant le 42.

De coutume, ce qui se passe à DDU reste à DDU et ce qui se passe pendant la midwinter reste pendant la midwinter donc il faudra être patient pour savoir ce qui s’est passé à DDU pendant une semaine (du moins sur mon blog !!).

mercredi 20 juin 2012

Record et contraste


Après le vent, voici venu les records de températures. Cette mesure rentre dans le top vingt et est la valeur la plus faible depuis 1996. En quelques jours, nous avons eu des températures inférieur à -30°C. Notre nouveau record est de -31,2°C. Vous rajoutez un vent entre 30 et 40 noeuds et vous obtenez une température ressentie estimée à -51°C. Il est évident que ce jour là nous restons bien au chaud dans nos bâtiments et seul de courts transits, bien couvert, étaient plus que suffisant. Lors de mes brèves sorties pour rejoindre deux bâtiments, ma VTN (gros blouson bien chaud) avait le temps de geler et durcir.

Ecran météo du 7 juin 2012. 

Antarctique, terre de contraste ! Quelques jours après ce record, le mercure partait dans l’autre sens pour arriver à -2°C en réel, apportant beaucoup de neige. En une semaine, nous avons eu une différence de près de 30°C dans les négatifs ! Je profite de ce post pour vous signaler que nous avons commencé notre Midwinter, semaine pour célébrer la moitié de l’hivernage.

Je vous souhaite à tous une excellente Midwinter 2012.

jeudi 7 juin 2012

Sculpture sur glace


Sur une banquise grandissante, des colonnes de glace font leur apparition au fil des jours. Elle brave, de leur petite hauteur, les éléments se déchaînant en Terre Adélie. Le vent, parfois tempétueux, fait virevolter la neige cinglant et érodant ces piliers de banquise. Le soleil rasant projette ses rayons au sein de cette glace bleutée emprisonnant les microorganismes marins lors de sa formation.

Piliers de glace en Terre Adélie.

En effet, ces carottes ne sont pas effectuées par les glaciologues mais par le pêcheur de DDU (donc moi). Le but n’est pas d’étudier la glace elle-même mais ce qu’elle renferme et notamment le phytoplancton : algues microscopiques à la base du réseau trophique dans l’ensemble des océans. Maillon essentielle aux fonctionnements des écosystèmes, elles servent de ressource directe ou indirecte aux zooplanctons, poissons et évidemment manchots et autres prédateurs.

samedi 26 mai 2012

Derniers oeufs

Comme je suis en retard pour vous informer de la ponte du 1er oeuf de manchot empereur autant parler de ceux qui sont toujours oubliés, délaissés, démunies et ignorés, je parle évidement des derniers œufs pondus.
Les autres blogs ont dû vous annoncer, avec de superbes photos, du 1er œuf observé le 1er mai. Moi, je vais vous parler des derniers. Enfin, je ne sais pas vraiment si ce sont les derniers mais au vue de la période, il ne doit pas en rester beaucoup à pondre. En effet, la manchotière diminue à vue d’oeil, Moins de 4000 individus au dernier comptage. Les femelles, après la ponte et la passation au mâle, quitte les lieux pour aller se nourrir en mer. Elles reviendront dans quelques temps pour prendre le relais du père et découvrir leur petit manchot éclos (les 1ers sont prévus début juillet). Donc actuellement, il reste quelques femelles qui vont pondre et effectuer la passation. Moment difficile pour le couple puisqu’ils doivent limiter le temps à l’air libre de l’oeuf. Malheureusement, certains échouent dans cette tâche délicate. Rassurez-vous le nombre de couples cette année semble en augmentation et les naissances sont nombreuses.

Passation d’oeuf entre la femelle et le mâle. 

Je parlerai peut être du 1er bébé manchot mais je continuerai de militer pour ceux qui le suive et souvent oublier car non-premier.

 Coucher de soleil en Terre Adélie.

mercredi 9 mai 2012

Trou de pêche 2012


L’une des étapes du VSC « pêcheur » que je suis durant son hivernage est l’installation d’un trou de pêche permanent sur la banquise. Ce fût le cas le 27 avril dernier par une journée ensoleillée mais un peu ventée. Ce projet a été réalisable grâce à la contribution de plusieurs personnes que je remercie par la même occasion. La manip consiste à creuser un trou de 1,20*1,20 au sein de la banquise d’une épaisseur (actuellement) d’environ 40cm, et d’installer un coffrage en bois.

Trou de pêche permanent 2012.

Cette ouverture au sein de la banquise permet d’avoir un accès à l’eau en permanence et de pouvoir effectuer divers mesures et disposer différents engins de pêche. Un couvercle permet de l’isoler de l’extérieur et d’éviter un regel total de l’eau. Il suffit de l’entretenir régulièrement, espérer qu’aucune débâcle tardive vient tout chambouler et le tour est joué ! Dès le 1er jour, notre fidèle Virgule est venu nous rendre visite et nous féliciter de l’installation du trou de pêche !

Virgule au trou de pêche.

P.S. : solutions des énigmes de Barbe Rousse.
1er énigme : il fallait trouver l’échelle de Richter ce qui nous conduit au Sismo-magne et il fallait lui dire l’échelon le plus haut de l’échelle, 9.
2e énigme : L’indice était caché sur le donjon de l’île Lamarck (entre Rostand et Lion), de profil ce rocher ressemble à une statue de l’île de Pâques.
Les deux cartes réunies permettaient de trouver le trésor sur le Nunatak.

mercredi 25 avril 2012

Le trésor de Barberousse


A Pâques, les chocolats sont cachés dehors, une chasse est organisée pour les trouver et les manger tous ensemble à l’intérieur. A DDU, la tradition est la même en enlevant quelques degrés, les possibilités de cachettes sont étendues à l’île des Pétrels et les participants sont les hivernants le désirant. Je tiens d’ailleurs à remercier Thomas, notre boulanger-pâtissier, pour ses bons oeufs (sans contrepèterie).

En plus d’être un très bon boulanger, notre chocolatier en herbe, est excellent dans l’utilisation des métaphores. Il ne sait pas arrêter sur une petite chasse à l’oeuf, il a également organisé une chasse au trésor en trois étapes qui a tenu la base en haleine durant plus d’une semaine (surtout la 1ére étape). 

Son premier indice :
« Il y a sur cette ile une grotte, une tanière sombre et humide gardée jour et nuit. Il te faudra trouver une courte échelle qui pourtant monte encore et encore et en prendre le bout le plus haut, car seul cela permettra de passer le gardien. »

Le gardien remet alors un oeuf et une carte permettant de localiser le trésor, sur le Nunatak, ainsi qu’une nouvelle énigme pour obtenir le 2e indice pour obtenir ce trésor :
« Egaré de son île, loin de Pâque, endormie près d’un fauve sous l’oeil aveugle de Rostand ». 

Le 2e indice fût un oeuf avec une nouvelle carte. Les deux cartes réunies permettaient de trouver le trésor : un nouvel oeuf. Malheureusement, le 2e indice caché en extérieur est surement tombé à l’eau et ne fût pas trouvé malgré des recherches approfondies au bon endroit. Il semble également que le trésor soit enseveli sous plusieurs couches de neige. En tout cas, cette chasse fût passionnante.

Lever de soleil vue de Biomar !

PS : je ne vous donne pas les solutions des énigmes si vous voulez tenter votre chance. Bon courage !

lundi 16 avril 2012

Eole a frappé à nos portes !

Après une journée ventée, habituelle en cette saison, nous sommes tous réfugiés dans les bâtiments, promesses de chaleurs et de conforts. Certains sont dans le séjour à refaire le monde après (encore) un excellent repas. D’autres se sont retirés pour commencer leur nuit ou continuer leur soirée dans le 42, notre dortoir.
Dans tout les cas, tous ont été surpris le 9 avril à 22h14 quand une rafale de 210,96 km/h secoue les bâtiments. La neige cingle nos fenêtres, les bureaux, les tables et les lits sont secoués en même temps que l’ensemble du 42. Premier reflex : visité la page météo. Hé là, surprise en voyant ce nouveau record de vent pour la TA62 mais également la 5e valeur enregistrée depuis 20 ans.

La page météo au soir du 9 avril.

L’historique des enregistrements (merci à mes compères de la météo pour ces précisions) de la force du vent remonte à l’année 1956. Jusqu’en 1980, les estimations étaient effectuées avec du matériel moins précis et qui tendait à surestimer le vent. Ainsi le record en cette période est de 324 km/h en 1972. Nos 210 km/h sont alors relégués aux rangs des évènements attendus. C’est sans compter sur la nouvelle technologie, plus précise. Depuis 1981, le record est de 244,8 km/h le 23 mai 1988. Notre record devient un évènement remarquable et nous n’allons pas nous arrêté en si bon chemin. Nous espérons tous dépasser cette mesure et instaurer un nouveau record.
Vive Eole !

Les rizières d’Antarctique.